Le droit à l’avortement

Hier, une proposition de loi pour assouplir les conditions d’accès à l’Interruption Volontaire de Grossesse a été votée en Commission Justice.

Le chemin législatif n’est pas terminé. Le texte doit encore être voté en plénière après un avis du Conseil d’Etat qui sera certainement réclamé par au moins 50 député-e-s.

L’avortement ne devrait pas être une question éthique mais bien une question en rapport avec la santé sexuelle et reproductive des femmes. De tous temps et partout dans le monde, elles ont avorté. Avant la médicalisation de la contraception, l’avortement était un moyen de contrôle des naissances au même titre que… l’infanticide ou l’abandon d’enfant. Les pères de l’Eglise conseillaient d’ailleurs aux romains de ne pas se rendre dans les maisons de prostitutions ; auquel cas ils risquaient de coucher avec leurs propres enfants.

Politiques natalistes et contrôle de la fertilité des femmes : les États et les dogmes ont toujours condamné les interruptions de grossesse. La capacité d’enfanter est ce pourquoi les femmes ont été et sont encore les victimes des lois et des interdits des hommes. Vous avez un utérus ? Pas de chance, vous serez condamnée par les pénis à porter des fœtus, à enfanter des bébés et à vous en occuper.

Aujourd’hui, avec la contraception, les femmes n’auraient même plus d’excuses pour avoir recours à l’avortement. Pourtant, aucune contraception n’est fiable à 100% et les femmes sont fertiles pendant 35 ans, ce qui équivaut à plus de 400 cycles ! Pour le dire autrement, c’est pas de la tarte d’éviter les grossesses tout au long d’une vie !

Faisant fi de cette réalité, en plus de décrédibiliser les députées à l’origine de la proposition de loi ainsi que les professionnel-le-s de l’avortement et les femmes, l’opposition – composée du Vlaams Belang, de la NVA, du CD&V et du CDH – s’est permis désinformation, sophismes, infantilisation et responsabilisation des femmes et appropriation fallacieuse de l’argumentaire féministe. Face à la droite extrême et aux partis catholiques, les député-e-s qui constituaient une majorité n’ont rien lâché. Iels ont porté haut et fort et avec intelligence la réalité des femmes et des médecins qui pratiquent des interruptions de grossesse. D’un côté, une position idéologique anti-avortement ; de l’autre, la mise en exergue d’une problématique de santé publique.

Si certains gouvernements conservateurs restreignent le droit à l’avortement ; d’autres l’assouplissent. Hier, la Belgique a fait un pas de plus en faveur des droits humains et en particulier des droits des femmes. Et si des belges élisent des représentant-e-s réactionnaires, d’autres optent en faveur d’une politique sociale, féministe et progressiste ; et elle est sûrement là, la force actuelle de la Belgique francophone.

Les femmes sont à l’aube de leur libération face à un patriarcat dominant et le féminisme est l’une des étapes obligées de l’évolution humaine.

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